OBJECTIFS

Objectif 1 : Saisir et caractériser dans les deux pays étudiés (France et Pologne) les représentations de l’homéopathie, et ce pour chaque acteur ciblé (patients, médecins, experts, élèves…).

Objectif 2 : Définir une cartographie de la controverse sur l’homéopathie des deux pays européens selon le contexte culturel et le genre : prendre en compte leurs positionnements et représentations sur l’homéopathie et définir les grandes influences et interactions entre eux.

Objectif 3 :  Analyser l’impact sur la carrière et la réputation d’experts scientifiques lors de la communication de données controversées et définir quels sont les enjeux communicationnels des laboratoires pharmaceutiques au-delà de la rentabilité financière (définir les facilitateurs/obstacles).

Objectif 4 :  Aider le citoyen à se forger une opinion sur ces questions controversées.

Objectif 5 : Participer à l’amélioration de la communication sciences-société sur l’homéopathie à travers d’éventuelles propositions généralisables.

La durée du projet HOMEOCSS sera de 4 à 6 ans. L’enjeu global sera de mieux comprendre et d’améliorer la communication entre Sciences et Société en prenant un cas d’étude pour lequel la Science et la Société sont totalement impliqués et acteurs. En effet dans le cas de la controverse sur l’homéopathie, l’ensemble du grand public mais également les experts scientifiques, les praticiens médicaux, les laboratoires pharmaceutiques, les associations, les politiques et l’académie des sciences, s’impliquent dans la controverse en se positionnant de façon favorable ou défavorable à la prise de médicaments homéopathiques et face à leur efficacité. Des recherches fondamentales et appliquées s’opposent quant à l’explication théorique d’une possible efficacité thérapeutique, l’Académie des Sciences ayant d’ailleurs une position officielle en défaveur de ces traitements, néanmoins une bonne partie de la population utilise ces médicaments. Par ailleurs de façon très contradictoire, ces médicaments ont été au cours du temps en partie remboursé dans certains pays selon les choix politiques impulsés ; une commission européenne d’harmonisation sur la gestion de l’homéopathie a d’ailleurs été mise en place.

Le projet HOMEOCSS apportera une analyse qualitative et quantitative sur l’objet de controverse étudié dans l’objectif de mieux définir les positionnements et influences des acteurs impliqués. Cette étude prendra en compte le contexte culturel et le genre au travers d’une étude comparative qui sera établie entre la France, pays le plus impliqué en Europe, et la Pologne, un des pays moins impliqué face à l’homéopathie. En effet le marché des ventes est dominé par trois pays : France, Allemagne, Italie qui représentent à eux trois 80% du marché européen des médicaments et 40% de la population européenne. La Pologne n’est entrée qu’en 2004 dans l’Europe et elle occupe déjà la 8ème place. La France est par ailleurs le premier pays consommateur de produits homéopathiques (les français utilisant 20% de la production mondiale). La Pologne arrive en 11ème position, comme pays consommateur, sur les 21 pays européens étudiés (étude réalisée par la recherche européenne CAMBRELLA et ECHAMP).

Bien qu’environ trois quarts des Européens sont conscients de l’existence de l’homéopathie, il est à noter une différence significative selon les pays Européens plus ou moins consommateurs de produits homéopathiques. 95% des français connaissent l’existence de l’homéopathie et 56% utilisent des traitements homéopathiques. A contrario, 50% des Polonais connaissent l’existence de l’homéopathie et 30% ont utilisé ces traitements (CAMBRELLA et ECHAMP).

En conséquence, le contexte culturel et le genre pourrait être des facteurs expliquant ces différences entre pays. C’est pourquoi, afin de le définir, HOMEOCSS a choisi en première approche une analyse comparative entre deux pays européens : le premier pays consommateur et producteur, La France, et un pays européen moins consommateur et producteur de traitements homéopathiques, La Pologne. Cette analyse permettra de prendre non seulement en compte les aspects culturels et de genre, mais également d’évaluer de façon croisée les représentations (en produisant des cartes conceptuelles) des acteurs sociétaux impliqués dans la controverse de l’homéopathie et d’établir une cartographie mentionnant les influences des acteurs entre eux.